La Transgascogne 2007: Port Bourgenay-Santander/ Santander-Port Bourgenay
Écrit par Luce Molinier   

Etape 1 (22/25 juillet) :

 La onzième édition présentée comme physique en raison des conditions météo et quelque peu modifiée puisque raccourcie sans passage à Belle Ile, a subi de plein fouet un renforcement du vent d’Ouest entre la Vendée et l’Espagne lundi dans l’après midi : plusieurs Minis ont dû demander assistance mais le gros de la flotte a fait le gros dos pour arriver groupé à Santander. Derrière Isabelle Joschke, trois autres prototypes sont à moins d’une heure.

Plusieurs Minis ont fait appel aux services de sécurité maritime en raison des avaries qu’ils ont subies. Ainsi sur les 73 partants dimanche à 12h02, neuf bateaux ont été secourus suite à de légères blessures, de démâtages, de bris de safran, de voies d’eau, de souci de quille… Il faut dire que la situation météorologique s’est dégradée rapidement lundi après-midi alors que le vent basculait franchement au secteur Ouest en forcissant à plus de quarante-cinq nœuds avec rafales. Et la mer se formait au point de générer des creux de plus de cinq mètres avec des vagues courtes qui ont été à l’origine de la majorité des problèmes techniques rencontrés par les concurrents.

En début d’après-midi, Benjamin Delage a été hélitreuillé à La Rochelle en bonne santé tandis que Frédéric Hansen rentrait par ses propres moyens à Port Bourgenay après des soucis sur sa quille, tout comme Adrien Hardy revenu aux Sables d’Olonne et le Croate Sime Stipenicev  en route vers Arcachon, tous deux ayant démâté. Blackboulés par une vague, Fabienne Robin, puis Benoît Sineau et Elodie Riou déploraient une voie d’eau suffisamment importante pour être secourus. Quant à David Allouch, il avait brisé ses deux safrans mais essayait de résoudre ses problèmes sans assistance. Juste avant la nuit, l’Espagnol Alvaro Lopez Doriga démâtait et son équipier blessé devait être secouru en remorque vers Bilbao. Enfin, le Portugais Francisco Lobato grand favori parmi les voiliers de série, démâtait à son tour à quelques milles de l’arrivée à Santander, tout comme Julien Bigot.

Ces conditions difficiles ont mis à l’épreuve le matériel mais aussi les marins qui ont tenu sous voilure réduite pour progresser vers les côtes espagnoles où la brise faiblissait progressivement : ce mardi matin, ce n’était plus qu’une quinzaine de nœuds qui balayait les côtes ibériques alors que plus des trois quarts de la flotte étaient amarrés à Santander. Isabelle Joschke (Degrémont Synergie) s’est finalement imposée sur la ligne d’arrivée après un peu plus de trente-deux heures de course, devant Fabien Després (Soitec) et Peter Laurayssens (Ecover) tandis que parmi les voiliers de série, Nicolas Bunoust (Un défi pour la terre) remportait cette première étape parmi les voiliers de série en solitaire.

Luce coupe la ligne à Santander sur No War en milieu de peloton, soulagée et heureuse d’arriver.Luce raconte : « J’ai mal partout mais je suis super contente d’être arrivée ! Je n’ai pas eu de gros problèmes techniques sur mon bateau mis à part une pane de pilote et le bas étai cassé mais physiquement, ça a été très trés dur : il a fallu manœuvrer souvent, en prenant des coups partout parce qu’on a été très secoué surtout sur la plage avant. Dans le pire du coup de vent, c’est monté à 55 nœuds dans un grain, mais on a subi près de quarante nœuds pendant plusieurs heures avec quatre à cinq mètres de creux. On a même dû encaisser des déferlantes assez violentes… Les conditions météorologiques ont été nettement plus musclées que prévu puisque nous attendions 30-35 nœuds au maximum en partant de Port Bourgenay. No War s’est bien comporté dans ce mauvais temps puisque je n’ai pas à recenser de casse majeure.  Je n’avais pas connu de conditions météo aussi difficiles en mer depuis que je navigue: je suis contente de l’avoir fait parce que cela a éprouvé le bateau et confirmé que je pouvais subir cela physiquement et mentalement. Il fallait être très vigilant sur toutes les manœuvres pour ne pas casser ou déchirer une voile ».

 Etape 2 : le retour, un tout autre Golfe  (28/30 juillet) :

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Le retour vers la Vendée a nettement été plus paisible voire presque trop puisque le petit temps était au rendez-vous samedi midi devant Santander. Les 200 milles à parcourir ont traîné en longueur car il a fallu attendre la latitude de Bordeaux pour que le minis touchent un vent établi après avoir traverser une dorsale. A la fin du week-end end, le flux de secteur Nord-Ouest d’une dizaine de nœuds a progressivement basculé au Nord puis au Nord-Est… pour terminer le parcours vers la bouée d’eaux saines de Port Bourgenay en tirant des bords. A ce jeu là Yves Le Blévec sur son proto est le premier coureur à couper la ligne d’arrivée.Grosse fatigue lors de cette arrivée en Vendée pour Luce et No War qui se classe 16éme sur ce retour au départ de l’Espagne. « Il fallait partir en tête et privilégier la vitesse pour ne pas se faire rattraper par les calmes. Malgré le repos à Santander, cela ne m’a pas suffit à rester dans le paquet et au contact. En début d’après midi samedi mon pilote principal m’a refait défaut. Dormir était donc impensable surtout dans les zones de molles. Je suis ravie non pas par mon résultat mais pour l’expérience vécue et acquise.

Cette  Transgascogne était une super course très enrichissante sur le plan tactique, physique, sportif, mental avec des conditions très différentes, très variées.» 

Après quelques jours de repos pour l’équipage Luce repart sur son planning d’avant Transat en participant à la Port Médoc du 19 au 22 aout prochain en double avec Ronan Dreano.Par ailleurs, la liste d’attente pour la Mini Transat ne progresse plus et malgré le niveau de préparation du bateau et du skipper, le team craint de ne pas pouvoir prendre le départ début septembre. « On attend, on continue l’aventure en espérant pouvoir partir !! ». 

Dernière mise à jour : ( 06-08-2007 )