Tour de France à la voile : victoire d'étape Calais-Dieppe à la nav !
Écrit par Luce Molinier   

 

Image Dans « option stratégique », il y a jeu : donc  prendre des risques calculés par rapport au plan d’eau, à la MTO, aux adversaires... accepter de perdre ou gagner, d’encaisser vite ou non, tout un art.
Dans « option » il y a aussi une part de réussite ! Sur l’étape Calais Dieppe elle était avec nous. Dans cette course elle s’est située sur notre position sur le plan d’eau : nous avions plus de vent qu’à terre et qu’au large! La bascule de vent au NW n’a pas dépassée sa butée estimée ; l’angle retour pour revenir sur la route était donc quasi impeccable. !!
Dans stratégie, il y a enfin bien contrôler la flotte en respectant le projet initial, sur cette étape  le mental, la confiance en ses sources et observations, les itérations, tout était en phase pour le mettre en place.
 

« Belle étape; j’ai hâte de recommencer… » a lancé Luce à son arrivée.

 

Retour sur la course:

Image Courants : Une marée descendante et une montante à l’arrivée à subir. Toujours la même chose : plus de courant au large et s’inverse d’abord à terre. Le décalage ou non permet de gagner ou perdre 0,5kts maxi.
A la création initiale du projet, pas de prise en compte de ce paramètre, (variable ajustée sur l’eau in situ en fonction de la force du vent) ; j’ai privilégié la pression et la rotation du vent.

Route : Premier bord après la bouée de dégagement : privilégier un VMG rapide sans trop tirer la barre, reaching puis capelage et grand spi, se placer sous le vent du paquet pour être le premier à jyber dans l’ado pour se mettre en babord. Conserver la gauche du plan d’eau. L’intérêt : profiter de l’effet de côte à droite sur le babord, se positionner par rapport à la rentrée du thermique dans la zone des 4 M.

Le timing pour l’empannage retour en tribord est déterminant :
Il faut y retourner dés qu’on a des appels gauches lorsqu’on est sorti de l’effet de côte à droite et que le vent mollit.
Il ne faut pas trop descendre en babord par rapport à l’angle de bascule du vent max au N/NW: soit max 15°/20° sous la route en VMG sous grand spi en retour tribord. La volonté de rester sous la route est de pouvoir reloffer sur la route dans du vent mou et donc de garder la vitesse en ayant anticipé le refus max pour arriver sur Dieppe et se protéger un peu du jus.
Pour les derniers milles dans la baie, il faudra jouer les pressions/bord rapprochant sachant que le courant  nous portera dans l’E/NE. Dans le petit temps toujours rester rapide.
La position à terre permet aussi de conserver l’avantage si la pression revient de la terre.

Observations et bilan:
Le schéma MTO s’est déroulé comme annoncé, avec un peu moins de vent très mou sur l’ensemble du terrain de jeu que prévu. Le thermique étant faible, il n’a renforcé qu’une bande étroite le long de la côte le synoptique.
Il n’y avait pas de mon point de vu de danger à rester sous la flotte ; d’ailleurs pour continuer à protéger la gauche nous y sommes retournés en début d’après midi.

Dernière mise à jour : ( 10-03-2015 )